Contre toute attente, voici la dernière perle… (ce n’en est même pas réellement une, plutôt une humeur).
Pourquoi si tôt? (il reste 4 jours) d’abord parce que j’ai l’impression que la messe est dite, tous les arguments ont maintenant été avancés, posés, soupesés, et ce n’est pas maintenant qu’on va vous trouver une perle inédite… J’ai aussi l’impression que les positions se radicalisent, que les indécis se font rares, et les argumentations de plus en plus “viriles”. Chacun refouille le texte, et y prend ce qui l’arrange, et oublie ce qui ne lui plait pas… Certains ne l’ont toujours pas lu, mais nous assènent quand même des contrevérités flagrantes.
Donc au lieu de poursuivre dans la voie que j’ai suivie depuis plus d’un mois, et qui se résumait à : Pourquoi je vais voter non (c’est quand même le sous-titre du blog)… je vais positiver et vous dire succinctement et rapidement (car j’ai aussi autre chose à faire):
Qu’est ce qui me ferait voter oui?
La réponse est a priori assez simple, reprenons chacune des “perles” et faisons en sorte qu’elle n’en soit plus une. Mais, je suis le premier à reconnaître qu’on ne peut pas tout obtenir, et qu’en tout compromis, chacun doit faire des concessions. Pour autant, je ne suis pas sûr que l’abandon des raisons profondes qui me font voter non soit inacceptable aux citoyens qui vont voter oui dimanche.
On dit et lit partout que les “NON” ne sont pas compatibles… et c’est vrai… et qu’ils ne forment pas un projet… et c’est aussi vrai. Mais est ce que pour autant les “OUI” de gauche (et c’est plutôt là que je me situerais), du centre et plus globalement des démocrates verraient d’un mauvais oeil l’introduction dans le TECE d’un peu plus de démocratie parlementaire, de services publics, de “solidarité” entre les personnes et les nations, d’une égalité homme-femme comme valeur de l’Europe; seraient-ils choqués par l’abandon du sacro-saint “marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée”? je m’interroge…
D’autres ont déjà proposé des “modifications” à apporter au TECE, pour le rendre “acceptable”. Notons les 21 propositions d’ATTAC (Pour un nouveau traité : 21 exigences non satisfaites dans la “ Constitution â€?), avec lequel les verts sont d’accords.
Les miennes (d’exigences) sont plus “modestes” et moins argumentées. Je vous les donne toutefois dans un style télégraphique:
- Solidarité entre les peuples et égalité homme-femme comme valeurs essentielles… et non pas un objectif de “marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée”.
Très honnêtement, je ne sais pas qui est allé mettre ça dans l’article I-3… mais ça fait un peu “supermarché”.
- Meilleur équilibre législatif / exécutif. Les parlementaires peuvent proposer et écrire des lois, et ils peuvent censurer la commission avec une simple majorité (et pas uniquement sur des fautes de gestion). Sérieusement, c’est le seul organe directement élu de l’Union, par rapport à la commission et le conseil, il a un strapontin (plus grand qu’auparavant, mais un strapontin néanmoins).
- La Charte des Droits Fondamentaux de l’Union est un préambule et s’impose à tous les états et à toutes les autres parties de la constitution.
- Ni libéral, ni social dans la constitution… c’est du ressort des politiques mises en place par les institutions de l’Union (ca va faire disparaître une bonne partie de l’indigeste III).
- La BCE a un rôle et des objectifs définis par le conseil et le parlement, et elle rend compte au parlement.
- Réelle initiative citoyenne, et faire disparaître ce droit de pétition ridicule présenté comme une avancée démocratique.
- Services publics: définition des services publics, et affirmation qu’aux fins de la solidarité et d’autres valeurs de l’union (sur des domaines à définir), certains services publics sont “non-marchands” et peuvent être hors du champ du marché et de sa concurrence libre et non faussée…
Voilà … pas de quoi se damner… si? Qui pourrait dire que ces modifications sont inacceptables à un oui de gauche? à un démocrate européen?
La convention devait rendre l’Europe plus démocratique. À mon humble avis, elle a largement échoué dans cette entreprise. Pour autant, un nouveau texte plus ramassé, plus concis, plus ambitieux et plus démocratique peut voir le jour, et je ne suis pas sûr qu’il soit plus inacceptable à nos partenaires européens.